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Association de Lutte contre la Spondylarthrite ankylosante et les Spondylarthrites Associées

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Les traitements non médicamenteux contre la maladie

 

Intérêt thérapeutique du Resvératrol

 

Le resvératrol (3,5,4’-trihydroxystilbène) est une phytoalexine polyphénolique synthétisée par certaines plantes (renouée chinoise, vigne, etc). Dans la vigne, il agit comme antifungique en réponse à l’infection par la « pourriture noble » (Bothrytis cinerea). Le resvératrol est aussi le principe actif d’une préparation réputée posséder des vertus thérapeutiques antitumorales et antiinflammatoires et reconnue de longue date par la médecine traditionnelle chinoise et japonaise (Ko-jo-kon). Plus récemment, le resvératrol a été impliqué dans la relative protection de la population française contre le risque cardiovasculaire par rapport à la population nord-américaine (French Paradox). Cette corrélation entre la consommation de vin rouge contenant du resvératrol et la diminution des maladies coronariennes est controversée, mais les travaux initiés à cette occasion ont néanmoins révélé de nombreux effets bénéfiques du resvératrol.

 

Le resvératrol est un antagoniste du récepteur des arylhydrocarbures (récepteur Ah ou « AhR »). Le AhR est activé par les goudrons du tabac, les gaz d’échappements, les dioxines et les PCB. Il en découle un stress oxydatif mutagène (goudrons) et des effets inflammatoires (dioxines) induisant ou favorisant des cancers. Le resvératrol s’oppose à ces effets liés au AhR mais il pourrait aussi avoir un autre effet préventif anticancéreux par inhibition de certains mécanismes de la prolifération cellulaire (Tyrosines kinases). En outre, le resvératrol possède d’autres activités anti-inflammatoires, antalgiques, ostéoprotectrices et anti oxydantes. Plus récemment, un effet modérateur sur l’absorption intestinale du glucose a été démontré, suggérant un intérêt comme complément au traitement du diabète de type II (dit « gras »). Un effet préventif contre la destruction du cartilage a aussi été rapporté. Sur le plan anti-inflammatoire, le resvératrol bloque les deux moteurs de l’inflammation (NFkB et AP-1) diminuant ainsi l’activité des cytokines pro-inflammatoires. Le resvératrol diminue aussi l’activité des cyclo-oxygénases (COX). Enfin, nous avons observé que le resvératrol a des effets prébiotiques avec pour conséquence la diminution de germes gram- inflammatogènes et favorise la croissance de bactéries gram+ de type bifidobacterium (DAO, Thi Mai Anh et coll., manuscrit en préparation). L’intérêt réside dans le lien avéré entre maladies des articulations et déséquilibres de la flore intestinale. Le Resvératrol représente ainsi une molécule phare dans le traitement des pathologies inflammatoires.

Aucune activité toxique aux concentrations actives biologiquement (1-1000 microgrammes par litre de sang) n’est connue, la concentration toxique chez le rat étant de 3 grammes par litre.

 

Les principales limites de l’utilisation du resvératrol sont une faible absorption et une rapide élimination en 1 heure. Des études cinétiques ont été réalisées sur des rongeurs après absorption de vin rouge. Un pic d’absorption est détecté 15-60 minutes après ingestion (concentration maximum 200-300 microgrammes par litre). Après une courte période, le resvératrol est détecté rapidement dans le foie et surtout les reins. Il ressort des études métaboliques sur organe isolé (fragments d’intestin de rongeur ou humain) que le resvératrol est très rapidement absorbé dans le duodénum, métabolisé (glucuronate et sulfate) au cours du cycle entéro-hépatique et éliminé. Enfin, des études in vivo ont été réalisées chez l’homme. Le resvératrol atteint une concentration sérique maximale au bout de 30 minutes. Au delà de 30 minutes, il est rare de trouver du resvératrol inchangé non métabolisé.

 

L’activité thérapeutique du resvératrol est donc étroitement liée à sa biodisponibilité qui résulte de son absorption et de la rapidité de son métabolisme. Le vin ne saurait évidemment être une forme recommandable en médecine humaine. Les études métaboliques utilisant le resvératrol sous forme de poudre sèche (gélules) ont montré une très faible absorption conduisant à des concentrations inefficaces. Une forme galénique innovante plus efficace est donc indispensable pour augmenter l’absorption du resvératrol et la pérennité de la concentration active dans la circulation sanguine (200-1000 microgrammes par litre de sang). C’est ce qui a été réalisé par la société YveryPharm qui a mis au point et breveté une formulation de type liquide et encapsulée permettant d’atteindre une concentration efficace et maintenue pendant plusieurs heures.

 

Casper , R.F., Quesne, M., Rogers, I.M., Shirota, T., Jolivet, A., Milgrom, E., and Savouret, J.F. (1999). Resveratrol has antagonist activity on the aryl hydrocarbon receptor: implications for prevention of dioxin toxicity. Molecular pharmacology 56, 784-790.

Savouret, J.F., Berdeaux, A., and Casper, R.F. (2003). The aryl hydrocarbon receptor and its xenobiotic ligands: a fundamental trigger for cardiovascular diseases. Nutr Metab Cardiovasc Dis 13, 104-113.

Savouret, J.F., Quesne, M. (2002). Resveratrol and Cancer. A review. Biomedicine and Pharmacotherapy 56, 1-4.

 

 

Jean-François SAVOURET

Pharmacien AIHP, PhD

Directeur de recherches INSERM, équipe «Pharmacologie de la destruction du Cartilage »

UMR-747, Pharmacologie Toxicologie et Signalisation Cellulaire. (Dir.: Robert Barouki) et Université Paris Descartes

UFR Biomédicale, .45 rue des Saints Pères, 75006 Paris, France

Téléphone : 01 42 86 38 71 et Fax : 01 42 86 38 68

Email : jean-francois.savouret@parisdescartes.fr

 

3 Novembre 2010

 

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